La Machine infernale

Date :17..
Note :
Estampe
Domaines :Arts graphiques

Éditions de l'œuvre

Images2 documents

  • La Machine infernale.

    [estampe]

    Description matérielle : 1 est. : gravure en taille-douce
    Description : Technique de l'image : estampe. - burin. - eau-forte
    Note : Transformation de la caricature précédente : on y a ajouté une charrette chargée d'un baril de poudre auquel l'exclusif met le feu, au coin de la "rue Nicaise". Les diverses légendes sont supprimées. Sous le tr. c., au milieu : "Enregistré à la Bibliotheque Nationale."
    Pièce reproduite dans le "Musée de la caricature" de Jaime (tome II)
    La coll. Hennin (144, 40) en contient une contrefaçon
    Le lendemain de l'attentat de la "rue Nicaise", l'opinion publique, unanimement, accusait les "exclusifs" (voir les "Mémoires" de Fouché, I, p. 212). C'est qu'on avait arrêté, le 8 novembre précédent, l'ingénieur Chevalier et son aide Veisser, à qui l'on prêtait dessein d'assassiner le premier Consul sur le chemin de la Malmaison. Rien n'était moins certain. Mais Chevalier professait des idées républicaines. Cela suffit : la bombe dont il combinait l'invention pour la Marine était, à n'en pas douter, un "petit globe infernal". Or, le tapage mené autour du prétendu complot de la Malmaison eut pour résultat de suggérer l'idée de la machine infernale aux royalistes et de faire tomber les soupçons sur les jacobins. "Presque toutes les opinions, dit un rapport de police du 5 nivôse an IX, se réunissent pour accuser les anarchistes de cet attentat. Quiconque veut l'attribuer aux royalistes éprouve une contradiction unanime." Fouché seul doutait de la culpabilité des jacobins et imputait le coup aux agents royalistes. Mais on ne le croyait pas. Bonaparte moins que tout autre, qui voyait dans l'émotion soulevée par cette affaire une occasion de se débarrasser des jacobins. Il obtint du Sénat, le 15 nivôse, l'approbation d'un acte de gouvernement qui "mettait en surveillance spéciale hors du territoire européen de la République", les "anarchistes" arrêtés. Pourtant Fouché avait acquis très vite la preuve de la culpabilité des royalistes : Carbon était arrêté le 18 janvier 1801 et Saint-Réjant le 28. Le Ministre de la Police en informa aussitôt les Consuls dans un "rapport sur les auteurs de l'attentat" (Impr., Lb43 607). Le jour même où Fouché transmettait son rapport (31 janvier 1801), Bonnefoy déposait la présente estampe. Cette caricature nous apparaît donc comme un reflet de l'opinion publique dans les jours qui suivirent l'attentat de la rue Nicaise. Mais à la date où elle fut déposée, la culpabilité des royalistes venait d'être démontrée. Elle arrivait trop tard et souleva de vives protestations : "Il existe une gravure nouvelle qui n'est ni plaisante ni ridicule (risible). Elle représente un "sans-culottes" mettant le feu à la machine infernale. L'artiste, qui s'est un peu trop hâté pour être véridique, changera sûrement le costume de l'incendiaire, s'il lit le rapport du ministre de la police générale ; et comme c'est non pas un "sans-culottes", mais bien un "maréchal des camps et armées du roi" qui a mis le feu, il ne fera pas l'injure à cet homme "comme il faut" de le laisser en guenilles. Un graveur est aussi un historien, qui parle même à des yeux qui ne savent pas lire ; il affublera donc le fameux artificier de quelques "fleurs de lis", et le décorera d'une "cocarde blanche", car il faut que le burin n'en impose pas plus aux races futures que la presse, quand surtout on veut être impartial et juste." ("Citoyen français" du 18 pluviôse an IX-7 février 1801)
    Notice chargée sans modification à partir de l'Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle
    Sources : Inventaire du fonds français, graveurs du dix-huitième siècle. Tome III, Bizemont-Prunelé (Comte de) - Cars (Laurent) / Bibliothèque nationale, département des estampes ; par Marcel Roux,... - Bibliothèque Nationale (Paris), 1934, article BONNEFOY (Jacques), n. 13
    Sources : Collection De Vinck, inventaire analytique, 1970-, n. 7554
    Édition : , [17..]
    Graveur : Jacques Bonnefoy (graveur, 17..-18.. )

    [catalogue][https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb44533987m]
  • La Machine infernale.

    [estampe]

    Description matérielle : 1 est. : gravure en taille-douce
    Description : Technique de l'image : estampe. - burin. - eau-forte
    Note : Transformation de la caricature précédente : on y a ajouté une charrette chargée d'un baril de poudre auquel l'exclusif met le feu, au coin de la "rue Nicaise". Les diverses légendes sont supprimées. Sous le tr. c., au milieu : "Enregistré à la Bibliotheque Nationale."
    Pièce reproduite dans le "Musée de la caricature" de Jaime (tome II)
    La coll. Hennin (144, 40) en contient une contrefaçon
    Le lendemain de l'attentat de la "rue Nicaise", l'opinion publique, unanimement, accusait les "exclusifs" (voir les "Mémoires" de Fouché, I, p. 212). C'est qu'on avait arrêté, le 8 novembre précédent, l'ingénieur Chevalier et son aide Veisser, à qui l'on prêtait dessein d'assassiner le premier Consul sur le chemin de la Malmaison. Rien n'était moins certain. Mais Chevalier professait des idées républicaines. Cela suffit : la bombe dont il combinait l'invention pour la Marine était, à n'en pas douter, un "petit globe infernal". Or, le tapage mené autour du prétendu complot de la Malmaison eut pour résultat de suggérer l'idée de la machine infernale aux royalistes et de faire tomber les soupçons sur les jacobins. "Presque toutes les opinions, dit un rapport de police du 5 nivôse an IX, se réunissent pour accuser les anarchistes de cet attentat. Quiconque veut l'attribuer aux royalistes éprouve une contradiction unanime." Fouché seul doutait de la culpabilité des jacobins et imputait le coup aux agents royalistes. Mais on ne le croyait pas. Bonaparte moins que tout autre, qui voyait dans l'émotion soulevée par cette affaire une occasion de se débarrasser des jacobins. Il obtint du Sénat, le 15 nivôse, l'approbation d'un acte de gouvernement qui "mettait en surveillance spéciale hors du territoire européen de la République", les "anarchistes" arrêtés. Pourtant Fouché avait acquis très vite la preuve de la culpabilité des royalistes : Carbon était arrêté le 18 janvier 1801 et Saint-Réjant le 28. Le Ministre de la Police en informa aussitôt les Consuls dans un "rapport sur les auteurs de l'attentat" (Impr., Lb43 607). Le jour même où Fouché transmettait son rapport (31 janvier 1801), Bonnefoy déposait la présente estampe. Cette caricature nous apparaît donc comme un reflet de l'opinion publique dans les jours qui suivirent l'attentat de la rue Nicaise. Mais à la date où elle fut déposée, la culpabilité des royalistes venait d'être démontrée. Elle arrivait trop tard et souleva de vives protestations : "Il existe une gravure nouvelle qui n'est ni plaisante ni ridicule (risible). Elle représente un "sans-culottes" mettant le feu à la machine infernale. L'artiste, qui s'est un peu trop hâté pour être véridique, changera sûrement le costume de l'incendiaire, s'il lit le rapport du ministre de la police générale ; et comme c'est non pas un "sans-culottes", mais bien un "maréchal des camps et armées du roi" qui a mis le feu, il ne fera pas l'injure à cet homme "comme il faut" de le laisser en guenilles. Un graveur est aussi un historien, qui parle même à des yeux qui ne savent pas lire ; il affublera donc le fameux artificier de quelques "fleurs de lis", et le décorera d'une "cocarde blanche", car il faut que le burin n'en impose pas plus aux races futures que la presse, quand surtout on veut être impartial et juste." ("Citoyen français" du 18 pluviôse an IX-7 février 1801)
    Notice chargée sans modification à partir de l'Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle
    Sources : Inventaire du fonds français, graveurs du dix-huitième siècle. Tome III, Bizemont-Prunelé (Comte de) - Cars (Laurent) / Bibliothèque nationale, département des estampes ; par Marcel Roux,... - Bibliothèque Nationale (Paris), 1934, article BONNEFOY (Jacques), n. 13
    Édition : , [17..]
    Graveur : Jacques Bonnefoy (graveur, 17..-18.. )

    [catalogue][https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb445339868]

Pages dans data.bnf.fr

Auteurs reliés

Cette page dans l'atelier

Sources et références

Voir dans le catalogue général de la BnF

Sources de la notice

  • Inventaire du fonds français, graveurs du dix-huitième siècle. Tome III, Bizemont-Prunelé (Comte de) - Cars (Laurent) / Bibliothèque nationale, département des estampes ; par Marcel Roux,... - Bibliothèque Nationale (Paris), 1934, BONNEFOY (Jacques), n. 13