Plan de la Bastille, Dans la première origine cette forteresse étoit l'Entrée de la ville

Date :17..
Note :
Estampe
Domaines :Arts graphiques

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  • Plan de la Bastille. // Dans la première origine cette forteresse étoit l'Entrée de la ville...

    [estampe]

    Description matérielle : 1 est. : gravure en taille-douce, impression en couleurs ; 54,9 x 33,6 cm
    Description : Technique de l'image : estampe. - burin. - eau-forte. - couleurs (impression)
    Note : En haut, à dr. : "Donné le 14 juillet 1790 par // Palloy [paraphe] patri.te" ; à g., la dédicace ms. de la main de Palloy : "Monsieur Pasporet Procureur Général Syndic du Département de Paris."
    Une curieuse figure que celle de Pierre-François Palloy, l'auteur du dessin de la présente estampe. Ancien dragon devenu entrepreneur de maçonnerie, Palloy avait joint à sa profession ordinaire celle de "patriote pour la vie" qu'il exerça effectivement sous tous les gouvernements, de 1789 à la Monarchie de juillet. La mort seule put mettre un terme (19 janvier 1835) à l'évolution incessante de ce "patriotisme" qui savait se plier aux circonstances et s'accommoder à tous les régimes. La notoriété du "Patriote Palloy" date du 14 juillet 1789. Ce jour-là il conduisit ses ouvriers à l'assaut de la Bastille. Adjudicataire des travaux de démolition (on lui devait bien cela), il fit des pierres de la vieille forteresse une exploitation en règle (voir l'ouvrage de Victor Fournel, "Le Patriote Palloy et l'exploitation de la Bastille", Paris, 1872, in-8°). Dans la suite, tous les changements politiques obtinrent l'adhésion immédiate de ce républicain sincère, dont la disposition native à l'enthousiasme ne faiblit ni au 18 brumaire, ni à la proclamation de l'Empire, ni même au rétablissement des Bourbons. Après avoir glorifié Bonaparte, le "soldat victorieux", le "guerrier pacificateur" de la Campagne d'Italie, le "patriote" Palloy ne pouvait refuser son hommage au Premier Consul et à l'Empereur. Au contraire, son ardeur "patriotique" fut surexcitée par les victoires impériales et tourna au lyrisme. Elle s'exprima en de nombreuses pièces de vers à la gloire de "l'incomparable Napoléon". Avec une feinte modestie Palloy avertit quelque part (prologue de la "Gaieté militaire") qu'il est "architecte et non poète" et qu'il se croit "meilleur maçon que bon rimeur". Aveu superflu, car les lecteurs, s'il y en eut, s'en seraient avisés d'eux-mêmes. Mais voici un Palloy inédit. Dans le "Troubadour des armées françaises ou Chants de la victoire" s'est glissée, parmi des morceaux d'inspiration "patriotique", certaine "Scène grivoise" où se révèlent d'autres aptitudes. Le profit des écrits "patriotiques" s'avérait aléatoire. Palloy essaya de la littérature érotique, d'un placement évidemment plus facile. C'est ainsi qu'en 1810 la police saisit "240 exemplaires d'un ouvrages obscène, imprimé pour le compte de M. Palloy, qui en est l'auteur... Ce Palloy a eu quelque célébrité pendant la Révolution... C'est un bon vivant qui a jugé à propos d'écrire en très mauvais style l'histoire fort sale de ses amours avec une fille du Palais-Royal. Il a consenti gaiement à la saisie... Il professe une haute admiration et un vif attachement pour Sa Majesté." Ce mauvais procédé n'entama point le "patriotisme" de Palloy, qui chanta, comme il convient, le mariage de Napoléon avec Marie-Louise et la naissance du Roi de Rome. Ce qui ne l'empêcha pas, quelques années plus tard, de se rallier aux Bourbons et de rendre ses devoirs aux souverains alliés. On se doute qu'il salua d'un même élan la révolution de 1830 et l'avènement de Louis-Philippe. Peu après, au cours d'une revue de la Garde nationale, un homme sortit de rang, mit sa main sur son cœur et se présenta solennellement au roi : "Sire, le patriote Palloy". Ce fut son dernier avatar. Mieux informée que l'Empereur, qui restait sourd au bruit des louanges que lui prodiguait son "sujet fidèle", la Restauration avait reconnu d'emblée le mérite de ce "patriote" convaincu : le 16 décembre 1814, le gouvernement des Bourbons avait accordé la décoration du lis à l'homme qui, pour commémorer l'anniversaire de la mort de Louis XVI, avait institué naguère le banquet annuel de la "tête de cochon farcie."
    Notice chargée sans modification à partir de l'Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle
    Sources : Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle. Tome quatrième, Cathelin - Cochin père (Charles-Nicolas) / Bibliothèque nationale, Département des estampes ; par Marcel Roux,... - Bibliothèque nationale (Paris), 1940, article CHAPUY (Jean-Baptiste), n. 29
    Sources : Collection De Vinck, inventaire analytique, 1970-, n. 1538
    Édition : [S.l.] , [17..]
    Graveur : Jean-Baptiste Chapuy (1760-18..)

    [catalogue][https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb445381074]

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Sources de la notice

  • Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle. Tome quatrième, Cathelin - Cochin père (Charles-Nicolas) / Bibliothèque nationale, Département des estampes ; par Marcel Roux,... - Bibliothèque nationale (Paris), 1940, CHAPUY (Jean-Baptiste), n. 29