Le Jardin d'Amour

Date :1769
Note :
Estampe
Domaines :Arts graphiques

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  • Le Jardin d'Amour

    [estampe]

    Description matérielle : 1 est. : gravure en taille-douce ; 44,4 x 59 cm
    Description : Technique de l'image : estampe. - burin. - eau-forte
    Note : Dans un parc, devant un lourd portique Renaissance baroque orné de colonnes à bagues et de deux atlantes, une société élégante s'adonne aux conversations galantes. De dr. à g. on voit un couple debout dont le cavalier a passé le bras autour de la taille de sa belle. Un Cupidon ailé la pousse par derrière. Une jeune femme assise à terre, le coude g. sur le genou de son cavalier, écoute pensivement ses confidences. Puis un groupe de trois femmes assises en triangle, accompagnées chacune d'un Cupidon. Derrière ce groupe, un joueur accordant sa guitare. Une dame s'approche de ses amies dont l'une l'invite à s'asseoir. Sur le devant, une autre dame debout aide un cavalier assis à se relever. Enfin, à g., un cavalier accompagnant deux dames descend les degrés d'un escalier avec ses deux chiens. Au dessus de ce quatrième groupe, vasque dominée par la statue de Vénus debout ; l'eau jaillit de ses seins et d'un Dauphin qu'elle tient élevé au dessus de sa tête ; le paon de Junon est à ses pieds. Deux amours s'ébattent dans la vasque, un autre tient une torche, un troisième vole au dessus d'une ruche sombre et décoche une flèche sur un camarade enfoui dans un rosier tandis qu'un sixième cueille une fleur en le regardant. En tout, quatorze personnages et dix amours. Tous les personnages portent le costume du temps de Rubens. En marge de part et d'autre des armes : "Dédié à monseigneur Louis Marie d'Aumont Duc d'Aumont, Pair de France, Premier Gentilhomme de la chambre // du Roy Chevalier de ses ordres, lieutenant Général des Armées de sa majesté, Gouverneur de Boulogne et pays Boulonois et des Ville de Chateau de Montreuil sur Mer...". En bas : "Tiré du Cabinet de M. de Piles. Par son très humble et très obéissant L. Lempereur"
    "Gaette de France", lundi 23 janvier 1769, p. 28. Annonce relative au "Jardin d'Amour", d'après Rubens
    "L'Avant-coureur", 1769, lundi 23 janvier, p. 49. ""Le Jardin d'Amour", Estampe allégorique, gravée par Louis Lempereur, d'après le tableau de P. P. Rubens, tiré du Cabinet de M. de Piles. Cette belle Estampe de seize pouces de haut sur vingt-deux de large se distribue à Paris, chez Lempereur, Graveur du Roi, rue S. Jacques la porte cochère au-dessus du petit marché ; prix 12 livres. Ce sujet galant, un des plus riches peut-être que Rubens ait composé, est traité dans le Costume Espagnol, qui est aussi celui des grâces et de la beauté. La peinture dans cette composition ingénieuse se montre la rivale de la Poesie ; et Rubens par les accessoires allégoriques, dont il a orné son tableau, en a fait une peinture parlante. On aimera à suivre les détails de cette composition avec l'amateur éclairé qui en a donné une description éclairée. M. Lempereur distribue cette description avec l'Estampe. Cet Artiste a parfaitement saisi le style du grand maître qu'il copiait, et par des travaux finis et variés avec intelligence il a donné à sa gravure de la couleur, de l'harmonie et de l'effet."
    "Affiches, annonces et avis divers", mercredi 25 janvier 1769, p. 15. "M. Lempereur... vient de mettre au jour une très belle Estampe qu'il a gravé d'après un Tableau de P. P. Rubens, entièrement allégorique. Elle est intitulée : "Le Jardin d'Amour" : hauteur 16 pouces et demi, et largeur 22. Cette composition est très riche et le génie poétique de Rubens y fait partout sentir sa chaleur. Le lieu de la scène est un grand Jardin, qui d'un côté s'étend dans un lointain non borné et de l'autre offre à la vue la porte d'entrée d'un Palais, une voûte obscure qui conduit au doux Asyle du Mystère, indiqué par un Amour qui tient deux doigts sur sa bouche, et dans l'enfoncement une Cascade ; puis une Fontaine, un petit Concert, différents Grouppes de figures, debout, assises, accroupies, et toutes variées d'attitudes, enfin des Amours dispersés en l'air et parmi les divers personnages. Il y a huit belles femmes, sans la Cantatrice du Concert, cinq hommes et dix Amours ; en tout 24 figures. Ce morceau singulier est à la fois une Allégorie du beau genre de Rubens, un Tableau d'histoire et un Tableau de famille. Paul Rubens s'y est peint revenant de la Chasse ; Philippe Rubens, son frère embrassant sa femme ; Albert Rubens, son fils aîné, jouant de la guitare ; le Cadet de celui-ci renversé à terre par une femme, en le repoussant ; et un Ami de Rubens, "Gaspard Gevaerts" en pourparler galant avec une très jolie personne. On reconnoit parmi les femmes, outre celle de Philippe Rubens, la première et la seconde femmes de Paul : scavoir, Isabelle de Brant, et Hélène Forment [sic], qui fut célèbre par sa beauté. Ce sujet étoit d'un fort grand travail ; et la Gravure autant qu'il est possible au Burin, en a rendu l'esprit, l'âme et la couleur. Elle se trouve à Paris, chez l'Auteur, rue S. Jacques au dessus du petit Marché. Il y en a une description détaillée en 8 pag. in-8°, qu'on joint à l'Estampe."
    "Mercure", février 1769, p. 198. ""Le Jardin d'Amour". Estampe allégorique de seize pouces et demi de haut sur vingt-deux de large, gravée par Louis Lempereur d'après le tableau de P. P. Rubens. A Paris, chez Lempereur, graveur du Roi... ..." Suit une description du tableau : "Cette description se distribue avec l'estampe qui a encore le mérite de nous offrir le portrait de Rubens qui s'est peint dans son tableau avec sa famille. On doit applaudir au choix qu'a fait ce maître du Costume espagnol qui par lui-même est très riche, très élégant et très propre par conséquent pour peindre les grâces et la beauté. M. Lempereur par un travail fini et soigné a cherché à faire passer sur le cuivre le charme du tableau qu'il copiait. Ses tailles variées avec intelligence et savament ménagées, rendent la couleur et le caractère propre des objets, et donnent au tout ensemble beaucoup d'effet et d'harmonie."
    "Journal des Beaux-Arts", mars 1769, p. 572. ""Le Jardin de l'Amour", Estampe allégorique, haute de 16 pouces et demi, et large de 21 pouces, Gravée... Dans une Description imprimée et fort détaillée, qui se joint à cette magnifique Estampe, on lit que le Tableau d'après lequel elle est faite, a non seulement le mérite d'une composition riche et savante, et l'avantage d'être une suite curieuse de portraits, Rubens s'y étant peint avec une partie de sa famille, mais qu'il est encore intéressant en ce qu'il est une sorte d'hommage que ce Peintre rend aux Amours, qui firent de sa vie un tissu de bonheur." Le lieu de la scène, l'action des figures, et le sens des emblêmes qui composent cette Allégorie, sont expliqués d'une manière assez satisfaisante pour les curieux. Mais ce qui leur plaira bien davantage est la beauté de la gravure dont toutes les parties sont extrêmement soignées : "il y a même quelques-unes d'un fini admirable, et où l'on voit que M. Lempereur a fait les plus heureux efforts pour rendre toute la fraicheur du coloris des chairs et des draperies. Cette Estampe se vend chez l'Auteur, à Paris rue et porte S. Jacques, au-dessus du petit marché."
    Salon de 1769 : 246. ""Les Jardins d'amour", connu aussi sous le nom de la "Famille de Rubens" dont elle présente les portraits, d'après le Tableau de Rubens."
    Est-ce le "Jardin d'Amour" que signale Paignon-Dijonval sous le n° 3089 : "["Conversation entre amans"] le même sujet : L. Lempereur sc. 40 : 3 épreuves, l'eau-forte pure ; 2.e terminée avant la lettre ; 3.e avec la lettre ?"
    "Catalogue de Tableaux Italiens, François, Hollandois et autres". Dessins et Estampes sous verre [appartenant à Mad.e la Comtesse du Barry] dont la Vente se fera le lundi 17 février 1777 rue Saint-Honoré, Hôtel d'Aligre Paris, de l'Imprimerie de P. Fr. Gueffier, au bas de la Harpe, 1777, p. 84, n° 328 : "Le Jardin d'Amour" et le "Festin Espagnol", d'après Rubens, par Lempereur. (On remarquera que seule la première estampe est d'après Rubens, puisque le Festin Espagnol est de Palamèdes.)
    "Abécéd.", t. V, p. 135 : "Une estampe ou tableau de Rubens appelé "la Conversation", nouvellement gravé par L. Lempereur et mis au jour par lui en janvier 1769. Il l'a exécuté d'après un tableau qui est à Paris dans le cabinet d'un curieux, et qui ne passera jamais pour un original. Il n'est pas cependant tout à fait conforme à celui que Lauwers a gravé. C'est bien la même composition, mais avec quelques différences et quelques figures de plus. La planche est très proprement gravée, mais je trouve que Rubens y est bien défiguré. On n'y reconnait point du tout sa manière. Il y en a eu une vingtaine d'épreuves d'imprimées, avant qu'il y eut un point sur l'i du mot premier, et un accent circonflexe sur le mot château dans la dédicace. La mienne est de cette qualité."
    Cf. Max Rooses. "L'Œuvre de P. P. Rubens." Anvers, Jos. Maes, t. IV, 1890, p. 68. Le "Jardin d'Amour", du Musée de Madrid, présumé la première version de la main de Rubens, fut exécuté en 1611. Celui du Musée de Dresde est une copie de celui de la Collection du Baron de Rothschild, à Paris
    Un exemplaire entièrement semblable à celui du Musée de Dresde, et probablement une copie de ce dernier, passa par la vente de Pille ou de Piles (Paris 1785). Il était peint sur toile et mesurait 116 cm en largeur et 91 cm en hauteur. C'est celui qui fut gravé par L. Lempereur
    Cf. Max Rooses. "L'Œuvre de P. P. Rubens." Anvers, Jos. Maes, t. IV, 1890, p. 68 : "Mariette, dans son "Abecedario" (V. 135) dit que l'estampe de Lempereur fut mise au jour en janvier 1769 et qu'elle fut exécutée d'après un tableau qui alors était à Paris dans le cabinet d'un curieux et qui ne passera jamais pour un original. L'original de la gravure de Lempereur n'est donc ni le tableau du musée de Dresde, ni celui du baron de Rothschild. Il ne faut pas confondre le de Pille ou de Piles, dont parle l'inscription de cette gravure, avec Roger de Piles, l'auteur de la "Vie des Peintres", qui mourut en 1709." Pl. 268. Une gravure dont le titre est : "Le Jardin des Muses" [sic] et qui porte en marge cinq sixains, est datée de 1665. Le nom du graveur n'y figure pas, mais l'adresse est : "A Paris chez Van Merlen rue S. Jacques à la Ville d'Anvers." Selon Max Rooses elle reproduit la toile du Musée de Madrid, exécutée en 1611 et est gravée par P. Clouwet. (Pl. 267.) Elle marque d'importantes variantes avec la toile de de Piles gravée par Lempereur, notamment dans la statue de la fontaine et le nombre plus restreint de personnages. (Voir cette gravure dans l'œuvre de P. P. Rubens, Cc. 34 c, in-fol., f. 61.) Des études récentes ont en effet reconnu que le tableau gravé par Lempereur était un pastiche du 18.e siècle (M. de Mirimonde, qui rappelle également que Gaspar Gevaert, ami de Rubens, était son conseiller en emblématique)
    Notice chargée sans modification à partir de l'Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle
    Sources : Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle / Bibliothèque nationale, Département des estampes. 14, Legras (Les)-Lequien / par Yves Sjöberg ; sous la direction de Françoise Gardey,. Bibliothèque nationale (Paris), 1977, article LEMPEREUR (Louis-Simon), n. 128
    Sources : L'Oeuvre de P. P. Rubens. Histoire et description de ses tableaux et dessins, par Max Rooses, 1886-1892 [Reprod. en fac.-sim, 1977], t. 4, p. 68
    Édition : , [1769]
    Peintre du modèle : Petrus Paulus Rubens (1577-1640)
    Graveur : Louis-Simon Lempereur (1728-1807)

    [catalogue][https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb44577699k]

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Sources de la notice

  • Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle / Bibliothèque nationale, Département des estampes. 14, Legras (Les)-Lequien / par Yves Sjöberg ; sous la direction de Françoise Gardey,. Bibliothèque nationale (Paris), 1977, LEMPEREUR (Louis-Simon), n. 128